Témoignages des fidèles adhérents


Jacqueline BASLE .
Petit nom : Jakie

Le vendredi 12/11/2021, Michel B et moi (Bernard S) tous deux adhérents de l’association Surdi 49, sommes allés rencontrer Jacqueline dans sa chambre à la maison de retraite à Angers.

Pourquoi ce choix ?
Jacqueline, ancienne adhérente de l’asso, fut médecin malentendante.
Jacqueline, 97 ans , native du nord de Lille a toujours l’esprit vif, porte toujours un grand intérêt à notre association.

Déroulement de la séance : nous prenons appui sur un témoignage similaire paru en juillet 2021 dans la revue 6 millions de malentendants. Michel ancien instituteur écrit. de sa belle écriture , sur une ardoise nos questions.

Malentendante et malvoyante modérée depuis depuis l’âge de 8 ans. Son handicap fut évolutif au fil des années.
Sa surdité est sans doute d’origine génétique dans sa famille ,ses cousins ont souffert également de cette perte d’audition,mais pas sa soeur. Bien sûr, pas de diagnostic en cette époque sur ce comportement !
Fille dans la lune, toujours dans son petit coin, n’était pas comme les autres « l’on ne fera rien de toi » comme lui
répétait souvent sa mère ; à force d’entendre ces mots ,elle en fut persuadée.
« J’avais rencontré des difficultés sérieuses, il fallait se faufiler. »


Etudes médicales, non sans difficultés : spécialisation cardiologie à la faculté de Paris ( 4 ans)
Il fallait se « bagarrer », Jacqueline compensait son manque d’audition pour suivre les cours , elle se faisait prêter les cours par des camarades féminines .
A cette époque les filles faisant des études supérieures étaient mal vues par les garçons !Les filles « au foyer »…Ils avaient peur de perdre leur place!!
Son mémoire de fin d’études porta sur la surdité.


Vie professionnelle: Jakie exerça son métier de généraliste et spécialisation homéopathie pendant 3 ans
Pour exercer ce métier en consultation,  » je faisais répéter, je me débrouillais, j’en profitais pour sensibiliser mes
patients aux handicaps auditifs « 

Car à l’époque la lecture labiale n’existait pas, date 1957 à 1960. La maladie était sournoise.
« Je revenais très fatiguée de ma journée. Il est souhaitable de s’équiper de bonne heure pour s’y habituer. »

En 1957, elle rencontre Joseph, son futur époux , au sein d’assos qui travaillaient à casser les préjugés sur les réfugiés,
et s’engageaient à participer à l’indépendance de différents pays africains;
Puis nouvelle rencontre avec Jo, ce dernier hospitalisé pour une filariose. Jakie s’est montrée volontaire pour rendre visite à
cet inconnu fragile et isolé.
Mariage le 12 décembre 1959 en Guadeloupe, lieu de travail de son époux.
Médecin scolaire.dans cette région de France.
Puis nouvelle étape , retour en métropole pour s’occuper de sa mère malade âgée de 62 ans.
Poste occupé : médecine du travail dans le Nord à Douai auprès des mineurs des mines de charbon.*


Notre interview s’est arrêté là, Jakie recevant d’autres visiteurs.
Nous concluons sur cette belle maxime de Jakie : « transmettre c’est rester vivant !»
Merci Jakie pour ce moment agréable passé ensemble et à bientôt pour d’autres visites.